Revue de Presse Dakar-Djibouti

Cahier Dakar-Djibouti

Centre français des études éthiopiennes
14 septembre 2015
Anaïs Wion, historienne, chargée de recherche au C.N.R.S.

Entre 1930 et 1933, Marcel Griaule dirigea une mission scientifique qui traversa l’Afrique d’Ouest en Est, de Dakar à Djibouti, collectant des données anthropologiques, linguistiques et matérielles. La Mission demeura plusieurs mois en Éthiopie, confinée dans la ville de Gondar, de juillet à décembre 1932. Elle y mena de nombreuses enquêtes et y collecta des peintures, désormais conservées au Musée du quai Branly, et des manuscrits, qui sont eux à la Bibliothèque nationale.

Si cette désormais fameuse expédition Dakar-Djibouti a donné lieu à de nombreuses études, les documents produits par ses membres demeuraient méconnus, difficiles d’accès, voir même inédits. Cet ouvrage rend accessible plus de soixante-dix textes produits avant, pendant et après l’expédition, ainsi que plus de 500 photographies .

La partie éthiopienne forme le 6e chapitre de l’ouvrage et occupe 500 pages. On y trouve des « récits de voyage » donnant à entendre des récits parallèles et pourtant bien différents de la part des différents membres de la mission. Puis viennent des articles relatifs au christianisme éthiopien, précédés d’une introduction d’Anaïs Wion et Claire Bosc-Tiessé. Ensuite, un chapitre rassemble neuf textes relatifs aux cultes de possession, préfacé par Makeda Ketcham. Suivent trois chapitres plus courts, sur les études de Deborah Lifchitz concernant les populations kemant et falasha, deux études ethnographiques et un texte sur l’esclavage de M. Griaule.

Cahier Dakar-Djibouti

Continents Manuscrits
15 octobre 2015
Claire Riffard, ingénieure de recherche au C.N.R.S, responsable de l’équipe « Manuscrits francophones »

L’objet est somptueux, le contenu ne l’est pas moins. Il s’agit de faire ici l’éloge d’un travail scientifique et éditorial de premier ordre.

Les éditions Les Cahiers, qui éditent à intervalles réguliers les Cahiers Leiris (trois numéros parus), les Cahiers Bataille (deux numéros), les Cahiers Laure et les Cahiers Artaud, ont entrepris de consacrer dans le prolongement de leur travail sur l’œuvre de Michel Leiris un volume à la mission ethnographique et linguistique Dakar-Djibouti (mai 1931 – février 1933) dont il fut l’un des sept membres.

À l’origine de cet immense chantier, un constat : « Exceptionnelle par son ampleur et son retentissement, cette expédition collective a suscité de nombreuses études, mais la plupart ont laissé dans l’ombre la variété des écrits scientifiques et littéraires produits par ses membres. »

Combler cette lacune a demandé des années de travail à l’équipe scientifique (Julien Bondaz, Claire Bosc-Tiessé, Marie Gautheron, Brice Gérard, Jean Jamin, Makeda Ketcham, Cécile Van Den Avenne, Anaïs Wion), coordonnée par Eric Jolly et Marianne Lemaire. Les membres de la mission Dajkar-Djibouti ont en effet rédigé soixante-dix-sept textes, « souvent méconnus, parfois inédits : études ethnographiques ou ethnomusicologiques, notes linguistiques, communiqués de presse, rapports, récits de voyage, instructions méthodologiques, questionnaires ou conférences radiophoniques »…

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La mission Dakar-Djibouti

France culture
« La fabrique de l’Histoire »
7 septembre 2015
Emmanuel Laurentin, journaliste

Entretien avec Jean-Jacques Marie puis avec Eric Jolly et Marianne Lemaire à l’occasion de la parution du Cahier Dakar-Djibouti.

La mission Dakar-Djibouti

France Inter
« La marche de l’Histoire »
16 octobre 2015
Jean Lebrun, journaliste

Le Musée de l’Homme rouvre à Chaillot après six ans de fermeture – et, auparavant, une décennie de polémiques. Cette année faste pour lui, en appelle à une réinvention des sciences de l’homme.

Fidèle à son idée selon laquelle, « avec le temps, le vieux revient neuf », « La marche de l’histoire » va remonter la pente de la « colline sacrée » de l’anthropologie.

Avant même le moment –1937– qui vit l’institutionnalisation du Musée de l’Homme, il existait à Chaillot un Musée d’ethnographie. Il était abrité par le Palais du Trocadéro, un vestige de l’Exposition universelle de 1878. S’y déployaient des collections issues d’héritages divers et d’expéditions coloniales révolues, le tout disposé selon les principes de la décoration bourgeoise et les hasards d’un bric-à-brac exotique. En 1928, Paul Rivet, issu de l’Institut d’anthropologie de la Sorbonne, entame une réflexion sur la transformation radicale de l’endroit qu’il a arraché à la tutelle des Beaux-Arts pour l’arrimer au Museum où il commence son enseignement.

L’expédition Dakar-Djibouti qu’il patronne va apparaître comme une préfiguration du projet du Musée, en même temps que son annexe déambulatoire. Elle va durer deux ans, sous la direction de Marcel Griaule, parcourant quelque 20000 kilomètres. Au retour, une exposition dira, avant même l’ouverture officielle du Musée, ce qu’il proposera.

Michel Leiris tiendra le journal de Dakar-Djibouti, dans un texte à la postérité inouïe, l’Afrique fantôme. Curieusement, il n’y aura pas de publication commune. Dans un volume de 1400 pages, Eric Jolly, notre invité, et Marianne Lemaire rassemblent tous les textes jusqu’ici dispersés concernant cette aventure scientifique et humaine au long cours.

« Aux sources de l’ethnologie »

Politis
n°1379, 26 novembre-3 décembre 2015
Pauline Guedj, journaliste et anthropologue

Une édition commentée des textes de la mission Dakar-Djibouti, explorant notamment le pays Dogon, dans les années 1930.

En 1967, l’ethnologue britannique Mary Douglas publiait un article intitulé « Si les Dogons… », dans lequel elle posait la question du rôle de la formation intellectuelle du chercheur dans sa compréhension des sociétés. Et si les Dogons, population des falaises de Bandiagara au Mali, avaient été étudiés non par des ethnologues français, pétris de littérature et de poésie, mais par des Britanniques terre à terre ? Seraient-ils perçus comme ces philosophes obsédés par la cosmogonie, tels qu’ils le sont si souvent dans la littérature spécialisée ? Seraient-ils ces individus mondains, à l’argumentation précise, au bout du compte si français dans leur manière de penser le monde ? Avec ce texte volontairement caricatural, Mary Douglas entendait évoquer les différences de perception entre ethnologies française et britannique, et indiquer à quel point celles-ci ont un impact sur la connaissance des sociétés étudiées. En France, les Dogons sont effectivement un archétype de l’ethnologie nationale et se retrouvent dans les débats sur les caractéristiques épistémologiques et méthodologiques de la discipline. Cette centralité des Dogons s’explique par un engouement des ethnologues à leur égard, directement impulsé par ce qui constitua l’un des moments fondateurs de l’ethnologie française : la mission Dakar-Djibouti.

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« Vingt mille kilomètres de Dakar à Djibouti… « 

la Revue du MAUSS
no 46, second semestre 2015
Benoît Basse, professeur de philosophie

Vingt mille kilomètres de Dakar à Djibouti effectués en deux ans, en procédant, à chaque endroit, que ce soit chez les Dogons du Mali ou à Gondar en Éthiopie, à des enquêtes ethnographiques, « intensives », « d’aventure », théoriquement en conformité aux préceptes exposés par Mauss dans son Manuel d’ethnographie, la Mission Dakar-Djibouti, dirigée par Marcel Griaule, a été le grand moment de l’ethnologie française d’avant la Deuxième Guerre mondiale. On trouvera ici réunis tous les documents relatifs à cette mission et l’ensemble des textes non encore publiés par ses protagonistes. Une plongée étonnante et émouvante dans l’histoire de l’ethnologie.

 

« Marcel Griaule, la mission Dakar-Djibouti »

France culture
« Les Passeurs de science : les grandes expéditions scientifiques »
7 août 2016
Arnaud Contreras, documentariste et photographe

De 1931 à 1933, une mission ethnographique dirigée par Marcel Griaule traverse l’Afrique, de Dakar à Djibouti.
Cette expédition de 20 000 kms préfigure la création du Musée de l’Homme. L’écrivain et ethnologue Michel Leiris en est le secrétaire-archiviste.

Retour sur cette expédition à la fois fondatrice et controversée, en compagnie d’Eric Jolly, Anthropologue, chargé de recherche au CNRS, auteur du livre « Cahier Dakar-Djibouti ».